Horizon éditorial
Des textes atemporels résolument électriques
Quelques auteurs essentiels
Mathieu Bénézet
Ceci est mon corps, Flammarion, 1979
« Car travailler sur soi - et tel est mon travail d'écrivain - implique que l'on se perde de plus en plus. Nulle vérité ou nul récit ne vient emplir le vide qui se crée. On descend un escalier sans fin et cet escalier est soi. »
« Ouvrir l'intérieur - si invisible sur les
lèvres qui ont chanté : l'intérieur - oursin tranché en deux - en palpitant.
Hautes branches dessous quoi nous
avons passé, courbés, enfants qui recherchaient le peu de choses qui demeuraient à dire - si inquiets dans le deuil d'une légende - si inquiets d'être si longtemps à côté du cœur.
Ô langue périssable ce fut le commencement d'aimer ! »
Anne-Marie Albiach
Mezza Voce, Flammarion, 1984
« L'ÉCART
Ils ressentaient comme une meurtris
sure cette faute dans le temps, et la voix insistait sur la blessure mettant à nu une vulnérabilité ancienne : l'élaboration du silence. Cette marge, lame récidivée dont aucune courbe ne se dessinait à l'horizon.
« Comme on porte une parure »
Cinq le cœur, Flammarion, 2014 (1966-2012)
«
sur le tracé
une énonciation ou
perceptibles
dans la langue
gestes mis à nu
l’ordre
souffle
regard emprunt»
Christophe Tarkos
Caisses, P.O.L 1998
«Je vis parce qu’il est agréable de vivre. Je sais pourquoi je vis. Je vis parce que cela me fait plaisir. J’ai bien vu que c’est agréable d’être vivant, qu’il y a des plaisirs. Si je suis en vie, c’est que je trouve qu’il est agréable de vivre, ainsi j’ai décidé de vivre. La vie me donne des plaisirs souvent. Il y a de bonnes choses en ce moment pendant que je vis. J’ai vu que c’est souvent agréable. Je l’ai vu pendant que je vivais, la vie n’est pas très désagréable
et elle donne d’agréables plaisirs à celui qui vit. Il y a plein de bonnes choses pour tout le corps. Il y en a un certain nombre, alors je vis. Je reste en vie puisqu’elle me donne du plaisir. C’est assez agréable de vivre, je l’ai vu en rencontrant assez de choses agréables en vivant, je vivais et je continue à vivre parce que j’ai vu que vivre donne assez de plaisirs souvent. Alors j’ai plaisir à vivre, alors je continue... »
Illustrations
« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. »
Pierre Soulages